DPE F ou G : travaux prioritaires pour remonter
Un logement classé G consomme plus de 420 kWh/m²/an en énergie primaire. Un logement classé D en consomme entre 151 et 230 kWh/m²/an. Pour passer de G à D, il faut diviser la consommation par deux. Ce n'est pas un objectif abstrait : c'est un programme de travaux concret, chiffrable, et dans la plupart des cas financé à 50 % ou plus par les aides publiques.
La question n'est pas de savoir quoi faire — les postes sont connus. La question est dans quel ordre et avec quel budget.
L'ordre qui fonctionne
L'ADEME et les bureaux d'études thermiques s'accordent sur un séquençage optimal des travaux de rénovation : Vous pourriez aussi être intéressé par Isolation 1 euro : pourquoi ça n'existe plus.
- Isolation de l'enveloppe (combles, murs, sols)
- Remplacement des fenêtres
- Changement du système de chauffage
- Installation ou amélioration de la ventilation
Cet ordre n'est pas arbitraire. Isoler avant de changer le chauffage réduit les besoins thermiques du logement. Une maison bien isolée nécessite une PAC moins puissante, donc moins chère. L'inverse — installer une PAC puissante dans une passoire thermique — revient à surdimensionner l'équipement et à gaspiller l'investissement.
Étape 1 : isoler les combles
Le toit représente 25 % à 30 % des déperditions d'une maison non isolée. C'est le poste le plus rentable.
| Type de combles | Technique | Prix (80 m²) | Gain DPE estimé |
|---|---|---|---|
| Combles perdus | Soufflage laine de roche | 1 600 € à 2 800 € | +0,5 à 1 classe |
| Combles aménagés | Double couche sous rampants | 3 600 € à 6 000 € | +0,5 à 1 classe |
Le gain est immédiat et perceptible dès le premier hiver. La température intérieure gagne 2 °C à 3 °C sans augmenter la consommation. Pour un logement classé G à 450 kWh/m²/an, l'isolation des combles fait passer la consommation à 340-380 kWh/m²/an, soit une classe F. Consultez egalement notre article sur passoire thermique pour completer votre reflexion.
Étape 2 : remplacer les fenêtres
Les fenêtres représentent 10 % à 15 % des déperditions. Mais elles jouent aussi un rôle majeur sur le confort ressenti : courants d'air, condensation, bruit.
| Remplacement | Prix par fenêtre (fourni-posé) | Coefficient Uw |
|---|---|---|
| Simple vitrage → double vitrage PVC | 500 € à 800 € | Uw ≤ 1,4 W/m².K |
| Simple vitrage → double vitrage bois | 700 € à 1 200 € | Uw ≤ 1,4 W/m².K |
| Simple vitrage → triple vitrage PVC | 800 € à 1 300 € | Uw ≤ 0,9 W/m².K |
| Double vitrage ancien → double vitrage récent | 400 € à 700 € | Uw ≤ 1,4 W/m².K |
Pour une maison de 8 fenêtres en simple vitrage, le remplacement par du double vitrage PVC coûte 4 000 € à 6 400 €. Le gain DPE : environ 0,5 classe supplémentaire.
Le triple vitrage n'est rentable qu'en zone H1 (nord, est) et pour les fenêtres orientées nord. Sur les façades sud, le double vitrage laisse entrer davantage de chaleur solaire, ce qui réduit les besoins de chauffage en mi-saison.
Étape 3 : isoler les murs
Les murs pèsent 20 % à 25 % des déperditions. Le choix entre ITE et ITI a été modifié par la suppression de MaPrimeRénov' pour l'ITE en geste isolé depuis janvier 2026.
| Technique | Prix (100 m² de murs) | Gain DPE estimé | Aides disponibles |
|---|---|---|---|
| ITI (doublage collé) | 3 000 € à 5 000 € | +0,5 à 1 classe | MaPrimeRénov' + CEE |
| ITI (ossature + laine) | 4 000 € à 6 500 € | +0,5 à 1 classe | MaPrimeRénov' + CEE |
| ITE (sous enduit) | 10 000 € à 16 000 € | +1 à 1,5 classe | CEE seuls (ou parcours accompagné) |
Cumul combles + murs + fenêtres : gain total de 1,5 à 2,5 classes DPE. Un logement G peut atteindre la classe E, voire D.
Étape 4 : changer le chauffage
Une fois l'enveloppe traitée, le besoin de chauffage a diminué de 40 % à 55 %. C'est le moment de dimensionner le nouveau système.
| Ancien système | Nouveau système | Gain DPE supplémentaire | Coût net (modestes) |
|---|---|---|---|
| Chaudière fioul | PAC air-eau | +1 à 1,5 classe | 4 000 € à 7 000 € |
| Chaudière gaz ancienne | PAC air-eau | +0,5 à 1 classe | 4 000 € à 7 000 € |
| Convecteurs électriques | PAC air-eau | +0,5 à 1 classe | 4 000 € à 7 000 € |
| Chaudière fioul | Chaudière granulés | +1 à 1,5 classe | 4 000 € à 8 000 € |
Le remplacement du chauffage est le geste qui bénéficie des aides les plus importantes en montant absolu (jusqu'à 10 000 € de MaPrimeRénov' pour une PAC géothermique). Mais il ne faut surtout pas le réaliser en premier si l'enveloppe est défaillante.
Étape 5 : la ventilation
L'installation d'une VMC (ventilation mécanique contrôlée) est souvent le parent pauvre de la rénovation. Pourtant, elle est indispensable après les travaux d'isolation.
Pourquoi ? Parce qu'une maison isolée et étanche accumule l'humidité produite par les occupants (respiration, douches, cuisine) si elle n'est pas ventilée. Sans VMC, des moisissures apparaissent dans les 6 à 12 mois suivant l'isolation.
| Type de VMC | Prix fourni-posé | Gain DPE |
|---|---|---|
| VMC simple flux hygroréglable B | 1 500 € à 2 500 € | +0,3 classe |
| VMC double flux | 3 000 € à 7 000 € | +0,5 à 0,8 classe |
La VMC double flux récupère 70 % à 90 % de la chaleur de l'air extrait pour préchauffer l'air neuf entrant. Son gain sur le DPE est significatif et justifie souvent l'investissement supplémentaire par rapport à la simple flux.
Scénarios complets chiffrés
Pour une maison de 90 m² des années 1975, classée G (460 kWh/m²/an), chauffée au fioul :
| Scénario | Travaux | Coût brut | Aides (modestes) | Reste à charge | Classe visée |
|---|---|---|---|---|---|
| A — Minimum | Combles + fenêtres | 5 500 € | 3 500 € | 2 000 € | F |
| B — Standard | Combles + murs ITI + fenêtres + VMC SF | 13 000 € | 9 000 € | 4 000 € | D |
| C — Complet | Combles + murs ITI + fenêtres + PAC + VMC DF | 30 000 € | 22 000 € | 8 000 € | C |
| D — Rénovation d'ampleur | Combles + murs ITE + fenêtres + PAC + VMC DF | 42 000 € | 33 000 € (parcours accompagné) | 9 000 € | B |
Le scénario B (reste à charge 4 000 €, classe D) est le meilleur compromis coût/résultat pour les propriétaires occupants. Il résout l'interdiction de location jusqu'en 2034 et réduit la facture énergétique de 50 %.
Le scénario D (parcours accompagné, classe B) maximise les aides grâce au gain de 4+ classes DPE, mais nécessite un accompagnement par Mon Accompagnateur Rénov' et un chantier plus long (4 à 8 semaines).
Les erreurs qui empêchent de remonter
- Traiter le chauffage seul : une PAC dans une passoire thermique consomme trop, tourne en surcharge et tombe en panne prématurément. Le DPE remonte d'une classe au lieu de deux.
- Isoler sans ventiler : l'humidité piégée dégrade l'isolant et crée des moisissures. Le DPE peut même se dégrader côté émissions de GES si le logement devient insalubre.
- Faire les travaux sans artisan RGE : pas de certification RGE = pas d'aides = surcoût de 40 % à 70 % sur le budget total.
- Commencer par les fenêtres : les fenêtres représentent seulement 10-15 % des déperditions. Les combles (25-30 %) et les murs (20-25 %) sont toujours prioritaires.
Comment financer le reste à charge
L'éco-PTZ (prêt à taux zéro) permet d'emprunter jusqu'à 50 000 € sur 20 ans sans intérêt pour financer le reste à charge. Pour un reste de 4 000 €, les mensualités s'élèvent à 16,67 € par mois. Le gain sur la facture énergétique (150 € à 250 € par mois) couvre largement les mensualités dès le premier mois.
Première étape : faire réaliser un audit énergétique (200 € à 800 €, partiellement aidé) pour identifier les travaux les plus efficaces dans votre cas. Pour obtenir des devis adaptés, commencez par l'isolation des combles et les fenêtres. Retrouvez tous les details dans notre dossier isolation maison.
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Demander un devis gratuitOrdre de priorité des travaux pour remonter le DPE
Pour un logement classé F ou G, l’ordre des travaux doit suivre la logique des déperditions thermiques. Voici la stratégie optimale :
- Isolation des combles : premier poste de déperdition, meilleur rapport coût/gain DPE. Gain attendu : 1 à 2 lettres pour 2 000 à 3 000 €.
- Isolation des murs : deuxième poste. ITI pour un budget serré (30-60 €/m²), ITE pour une performance maximale (100-200 €/m²).
- Remplacement du chauffage : passer d’une chaudière fioul ou de convecteurs électriques à une PAC fait gagner 1 à 2 lettres.
- Ventilation : VMC simple flux hygroréglable ou double flux, indispensable après isolation.
- Fenêtres : gain limité mais amélioration du confort et de l’étanchéité à l’air.
Exemples de trajectoire DPE
| Travaux | DPE avant | DPE après | Coût brut | Coût net (après aides) |
|---|---|---|---|---|
| Combles seuls | G (450 kWh) | F (350 kWh) | 2 500 € | 500 à 1 200 € |
| Combles + murs ITI | G (450 kWh) | E (250 kWh) | 10 000 € | 3 000 à 5 000 € |
| Combles + murs + PAC | G (450 kWh) | D (180 kWh) | 22 000 € | 5 000 à 8 000 € |
| Rénovation globale | G (450 kWh) | B (110 kWh) | 35 000 € | 5 000 à 10 000 € |
Mis à jour le 18/02/2026. Sources : ADEME, France Rénov', Service-public.fr.
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