RE2020 : impact sur votre projet de rénovation
La RE2020 (réglementation environnementale 2020) est entrée en vigueur le 1er janvier 2022 pour les maisons individuelles neuves et le 1er janvier 2025 pour les logements collectifs neufs. Elle ne s'applique pas directement à la rénovation de l'existant. Pourtant, elle influence profondément les choix des propriétaires qui rénovent : les matériaux, les systèmes de chauffage et les niveaux d'isolation promus par la RE2020 se retrouvent dans les critères d'éligibilité des aides et dans les recommandations des bureaux d'études.
Les trois piliers de la RE2020
1. Le Bbio : le besoin bioclimatique
Le Bbio mesure la qualité de l'enveloppe du bâtiment : isolation, orientation, apports solaires, étanchéité à l'air. Plus le Bbio est bas, moins le bâtiment a besoin de chauffage et de climatisation.
En RE2020, le Bbio maximal est fixé à 63 points pour une maison individuelle (variable selon la zone climatique). La RT2012, précédente réglementation, fixait le seuil à 72. L'exigence a donc été relevée de 12 %. Sur un sujet connexe, découvrez en savoir plus sur humidité et moisissures.
En rénovation, aucun Bbio maximal n'est imposé. Mais les bureaux d'études utilisent le même calcul pour orienter les travaux et dimensionner les équipements. Un Bbio élevé (enveloppe passoire) conduit à surdimensionner le chauffage. Un Bbio bas (bonne isolation) permet d'installer un système de chauffage moins puissant et moins cher.
2. Le Cep : la consommation d'énergie primaire
Le Cep mesure la consommation d'énergie primaire du bâtiment (chauffage, eau chaude, éclairage, ventilation, auxiliaires). En RE2020, le Cep maximal est fixé à 75 kWh/m²/an pour une maison individuelle (zone H2).
Pour comparaison, un logement classé D au DPE consomme entre 151 et 230 kWh/m²/an en énergie primaire. Un logement classé G dépasse 420 kWh/m²/an. La RE2020 vise un niveau 3 à 6 fois inférieur à celui d'une passoire thermique. Vous pourriez aussi être intéressé par notre article sur pont thermique.
3. L'ICénergie : l'empreinte carbone
C'est la grande nouveauté de la RE2020. Pour la première fois, la réglementation fixe un seuil maximal d'émissions de CO₂ pour le chauffage : 4 kg CO₂/m²/an (indicateur ICénergie).
Ce seuil exclut de fait les chaudières gaz et fioul dans le neuf :
| Système de chauffage | Émissions CO₂ (maison 100 m²) | Compatible RE2020 |
|---|---|---|
| PAC air-eau | 0,8 – 1,5 kg CO₂/m²/an | Oui |
| Chaudière granulés | 0,5 – 1,0 kg CO₂/m²/an | Oui |
| Chaudière gaz condensation | 8 – 12 kg CO₂/m²/an | Non |
| Chaudière fioul | 15 – 20 kg CO₂/m²/an | Non |
| Convecteurs électriques | 1,5 – 3,0 kg CO₂/m²/an | Oui (mais Bbio difficile) |
L'empreinte carbone des matériaux de construction est aussi prise en compte dans la RE2020 via l'indicateur ICconstruction (analyse du cycle de vie sur 50 ans). Les matériaux biosourcés (bois, paille, ouate de cellulose) sont favorisés car leur fabrication émet peu de CO₂ et ils stockent du carbone biogénique.
Ce qui change pour la rénovation
La RE2020 ne s'applique pas aux bâtiments existants. La réglementation thermique applicable en rénovation est l'arrêté du 3 mai 2007 (dite RT existant), modifié en 2017. Ses exigences sont bien plus souples :
| Critère | RE2020 (neuf) | RT existant (rénovation) |
|---|---|---|
| R murs | ≥ 4,0 m².K/W | ≥ 2,3 m².K/W (élément par élément) |
| R combles | ≥ 8,0 m².K/W | ≥ 4,8 m².K/W |
| R sols | ≥ 4,0 m².K/W | ≥ 2,1 m².K/W |
| Fenêtres Uw | ≤ 1,3 W/m².K | ≤ 1,8 W/m².K |
| Chauffage fossile | Interdit | Autorisé |
Mais les aides publiques (MaPrimeRénov', CEE) fixent des seuils de performance supérieurs à la RT existant et alignés sur la RE2020 :
- Pour obtenir les CEE sur l'isolation des combles, le R doit être ≥ 7 m².K/W (plus exigeant que la RT existant à 4,8)
- Pour MaPrimeRénov' sur les fenêtres, le Uw doit être ≤ 1,3 W/m².K (aligné sur la RE2020)
En pratique, les aides poussent les propriétaires qui rénovent à atteindre des niveaux proches de la RE2020, même si la réglementation ne l'impose pas.
Les matériaux biosourcés
La RE2020 favorise les matériaux biosourcés via l'indicateur ICconstruction. En rénovation, cette logique se diffuse progressivement :
- Ouate de cellulose : isolant en flocons fabriqué à partir de papier recyclé. Bilan carbone négatif (stockage de carbone). Prix comparable à la laine de roche en soufflage (20-30 €/m²).
- Fibre de bois : panneaux rigides ou semi-rigides. Excellent déphasage thermique (confort d'été). Prix supérieur de 30 % à 50 % à la laine minérale.
- Chanvre : isolant en vrac ou en panneaux. Régulateur d'humidité naturel. Prix élevé (25-40 €/m² en vrac).
- Paille : utilisée en construction à ossature bois. Très bon isolant (λ = 0,050 à 0,065 W/m.K pour des bottes compressées). Réservée aux projets d'extension ou de réhabilitation lourde.
Les CEE bonifient certains isolants biosourcés : une prime majorée de 10 % à 20 % est accordée pour les chantiers utilisant de la ouate de cellulose ou de la fibre de bois.
L'étanchéité à l'air
La RE2020 impose un test d'étanchéité à l'air (test de la porte soufflante) avec un débit de fuite maximal de 0,6 m³/(h.m²) en maison individuelle. La RT2012 imposait le même seuil.
En rénovation, aucun test n'est obligatoire. Mais l'étanchéité à l'air est un facteur déterminant du DPE. Un logement avec des entrées d'air parasites (jonctions menuiseries, coffres de volets roulants, prises électriques non étanches) perd 15 % à 20 % de ses performances d'isolation.
Travaux simples pour améliorer l'étanchéité :
- Joints de fenêtres et portes : 5 € à 15 € par ouvrant, pose en 10 minutes
- Boîtiers électriques étanches : 3 € à 5 € pièce
- Calfeutrement des coffres de volets roulants : 20 € à 50 € par coffre
- Trappe de combles isolante et étanche : 50 € à 150 €
Ces micro-travaux, d'un coût total de 200 € à 500 € pour une maison, améliorent le DPE de 0,2 à 0,5 classe. Un investissement négligeable au regard du gain.
RE2020 et valeur immobilière
Les maisons neuves construites sous RE2020 affichent un DPE A ou B. Elles consomment 5 à 10 fois moins d'énergie qu'une passoire thermique. Cette performance devient la référence du marché immobilier.
Les acquéreurs comparent désormais systématiquement le DPE des biens existants avec celui des constructions neuves. Un logement rénové qui atteint la classe C ou B se positionne favorablement face au neuf, avec l'avantage d'un prix au m² inférieur et d'un emplacement souvent plus central.
Rénover au niveau RE2020 (R combles ≥ 8, R murs ≥ 4, PAC, VMC double flux) est un investissement qui valorise le bien de 15 % à 25 % par rapport à un logement mal classé dans le même quartier.
Que retenir
La RE2020 ne s'applique pas en rénovation, mais elle fixe le cap. Les aides publiques alignent progressivement leurs exigences sur les niveaux RE2020. Les matériaux biosourcés, les PAC et l'étanchéité à l'air ne sont plus des options de niche : ce sont les standards vers lesquels convergent la réglementation et le marché. Anticiper ces exigences lors de votre rénovation protège la valeur de votre bien et maximise les aides disponibles. Demandez un devis personnalisé pour votre projet. Pour une vue d'ensemble, consultez notre dossier isolation maison.
Les seuils carbone de la RE2020
La RE2020 introduit pour la première fois des seuils d’émissions de CO₂ pour les bâtiments neufs. Ces seuils se durcissent progressivement :
| Date | Seuil chauffage (maisons) | Impact pratique |
|---|---|---|
| Janvier 2022 | 4 kg CO₂/m²/an | Chaudières gaz exclues du neuf |
| Janvier 2025 | 4 kg CO₂/m²/an | PAC favorisées, hybrides encore possibles |
| Janvier 2028 | Seuil renforcé | PAC ou renouvelable uniquement |
Pour la rénovation, la RE2020 ne s’applique pas directement. Mais elle oriente le marché : les fabricants de chaudières gaz réduisent leur offre, les installateurs se forment aux PAC, et les aides financières suivent la même logique en favorisant les équipements bas carbone.
Le confort d’été : une nouveauté de la RE2020
La RE2020 impose pour la première fois un indicateur de confort d’été : le DH (degrés-heures d’inconfort). Ce seuil limite les périodes où la température intérieure dépasse 26 °C le jour et 28 °C la nuit.
En rénovation, ce critère encourage l’utilisation d’isolants à fort déphasage thermique (fibre de bois, ouate de cellulose) et la pose de protections solaires (volets, brise-soleil, pergola). L’isolation par l’extérieur avec fibre de bois offre un excellent compromis : isolation thermique + confort d’été + bilan carbone favorable.
RE2020 et matériaux biosourcés
La RE2020 intègre un indicateur carbone des matériaux de construction (Ic construction). Cet indicateur favorise les matériaux biosourcés (bois, paille, chanvre, ouate de cellulose) qui stockent du CO₂ pendant leur durée de vie, contrairement au béton et à l’acier qui en émettent lors de leur fabrication.
En rénovation, cela se traduit par une offre croissante de matériaux d’isolation biosourcés. La fibre de bois et la ouate de cellulose gagnent des parts de marché face à la laine de verre et au polystyrène. Leur prix a baissé de 15 à 20 % entre 2022 et 2026 grâce à l’augmentation des volumes de production.
Pour les propriétaires en rénovation, retenir trois enseignements de la RE2020 : privilégier les isolants biosourcés (fibre de bois, ouate de cellulose) pour leur faible empreinte carbone et leur excellent confort d’été ; choisir des systèmes de chauffage bas carbone (PAC, bois) alignés avec la trajectoire réglementaire ; et anticiper le confort d’été (protections solaires, ventilation nocturne) qui deviendra un critère de plus en plus important dans la valorisation immobilière.
Mis à jour le 20/03/2026. Sources : ADEME, France Rénov', Service-public.fr.
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