Propriétaire bailleur : quelles aides en 2026 ?
Aides financières

Propriétaire bailleur : quelles aides en 2026 ?

· 7 min de lecture · Par Anthony Cardia

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE sont interdits à la location. Les logements F suivront en 2028. Pour les propriétaires bailleurs, la rénovation n'est plus un choix : c'est une obligation légale, sous peine de ne plus pouvoir louer.

La bonne nouvelle : les bailleurs ont accès à la plupart des aides disponibles pour les propriétaires occupants, avec quelques spécificités.

MaPrimeRénov' pour les bailleurs

Les propriétaires bailleurs sont éligibles à MaPrimeRénov' depuis 2021. Les conditions : Sur un sujet connexe, découvrez notre article sur revenus modestes.

  • Le logement doit être loué en tant que résidence principale du locataire
  • Le bailleur s'engage à louer le bien pendant au moins 6 ans après les travaux (parcours par geste) ou 6 ans (parcours accompagné)
  • Le loyer ne doit pas dépasser un plafond défini par l'ANAH (zone géographique + surface)
  • Maximum 3 logements par bailleur

Montants pour les bailleurs

Les bailleurs bénéficient des mêmes montants forfaitaires que les propriétaires occupants dans le parcours par geste. Pour le parcours accompagné, les taux sont légèrement inférieurs :

Gain DPETaux pour les bailleurs
2 classes30 %
3 classes35 %
4 classes ou plus35 %

Le bonus « sortie de passoire » (logement F ou G) ajoute 10 % au taux de base, ce qui porte le financement à 45 % pour un gain de 4 classes DPE sur un logement classé G.

Les CEE pour les bailleurs

Les primes CEE sont identiques pour les occupants et les bailleurs. Aucune distinction n'est faite. Le bailleur peut choisir librement son fournisseur CEE et cumuler la prime avec MaPrimeRénov'. Vous pourriez aussi être intéressé par notre article sur maprimerénov' refusée.

Pour un remplacement de chaudière fioul par une pompe à chaleur dans un logement locatif, le bailleur touche entre 2 500 € et 5 000 € de prime CEE, selon le fournisseur et la zone climatique.

L'éco-PTZ bailleur

L'éco-PTZ est ouvert aux propriétaires bailleurs aux mêmes conditions que les occupants :

  • Montant jusqu'à 50 000 € (rénovation globale) ou 30 000 € (bouquet de travaux)
  • Durée jusqu'à 20 ans
  • Aucune condition de revenus du bailleur
  • Le logement doit être loué comme résidence principale

La version simplifiée « éco-PTZ MaPrimeRénov' » est également accessible aux bailleurs. Elle permet de financer le reste à charge après MaPrimeRénov' sans justifier la nature des travaux auprès de la banque.

Le déficit foncier : l'avantage fiscal du bailleur

Le déficit foncier est un mécanisme fiscal spécifique aux bailleurs. Il permet de déduire les charges de travaux des revenus fonciers. Quand les charges dépassent les loyers, le « déficit » est imputable sur le revenu global, dans la limite de 10 700 € par an.

Depuis 2023, un dispositif renforcé porte ce plafond à 21 400 € par an pour les travaux de rénovation énergétique réalisés sur des passoires thermiques (logements E, F ou G). Ce doublement du plafond est valable jusqu'au 31 décembre 2027.

Exemple chiffré

Un bailleur perçoit 8 000 € de loyers annuels. Il réalise 30 000 € de travaux de rénovation sur un logement classé F :

  • Loyers : 8 000 €
  • Charges déductibles (travaux + intérêts + assurance) : 32 000 €
  • Déficit foncier : 24 000 €
  • Imputable sur le revenu global : 21 400 € (plafond doublé)
  • Report sur les revenus fonciers des 10 années suivantes : 2 600 €

Pour un bailleur imposé à 30 %, l'économie d'impôt est de 21 400 × 30 % = 6 420 € la première année. Sans compter les prélèvements sociaux évités sur les revenus fonciers.

Le calendrier DPE : ce qui est déjà interdit

Le calendrier d'interdiction de location avance :

DateInterdiction
1er janvier 2025Logements classés G interdits à la location
1er janvier 2028Logements classés F interdits
1er janvier 2034Logements classés E interdits

Un logement « indécent » au sens du DPE ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail. Les baux en cours restent valables, mais le locataire peut exiger des travaux de mise en conformité auprès du propriétaire ou du juge.

En mars 2026, on estime qu'environ 600 000 logements classés G sont encore en location, en situation d'infraction. Les sanctions prévues : impossibilité de renouveler le bail, gel ou réduction du loyer, et potentiellement des amendes dans les textes à venir.

Stratégie optimale pour un bailleur

La combinaison la plus avantageuse en 2026 :

  1. Réaliser un audit énergétique pour identifier les travaux les plus rentables en termes de gain DPE
  2. Viser un gain d'au moins 2 classes DPE pour accéder au parcours accompagné MaPrimeRénov'
  3. Cumuler MaPrimeRénov' + CEE + déficit foncier renforcé
  4. Financer le reste à charge par éco-PTZ

Exemple sur un logement G rénové en D (gain de 3 classes) :

  • Travaux : 25 000 € TTC
  • MaPrimeRénov' bailleur (35 % + 10 % bonus passoire) : 11 250 €
  • Prime CEE : 3 000 €
  • Économie TVA 5,5 % : 3 381 €
  • Déficit foncier renforcé (économie d'impôt) : ~3 000 à 6 000 € selon TMI
  • Éco-PTZ pour le solde : mensualités de ~30 €/mois

Au final, le reste à charge réel après aides et avantages fiscaux peut descendre sous les 2 000 €. Pour un logement qui retrouve sa valeur locative et sa conformité légale.

Les démarches spécifiques au bailleur

  1. Informez votre locataire des travaux prévus (obligation légale, courrier recommandé)
  2. Obtenez des devis d'artisans RGE. Notre comparateur gratuit facilite cette étape.
  3. Déposez la demande MaPrimeRénov' en cochant « propriétaire bailleur »
  4. Engagez-vous sur la durée de location (6 ans minimum)
  5. Déclarez les travaux dans votre déclaration de revenus fonciers (formulaire 2044)

Le cumul des aides et du déficit foncier fait de 2026 une année particulièrement favorable pour rénover un logement locatif. Les bailleurs qui attendent 2028 paieront plus cher (fin de certains dispositifs) et risqueront des sanctions. Pour une vue d'ensemble, consultez le guide aides rénovation 2026.

Obligations des bailleurs en matière énergétique

Le calendrier législatif impose aux propriétaires bailleurs une mise à niveau progressive de leurs logements :

DateObligationDPE concernés
1er janvier 2025Interdiction de locationG
1er janvier 2028Interdiction de locationF
1er janvier 2034Interdiction de locationE

Un logement interdit à la location ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail. Les baux en cours restent valides, mais le locataire peut exiger la mise en conformité du logement à ses frais.

Aides spécifiques pour les bailleurs

Les propriétaires bailleurs accèdent aux mêmes aides que les occupants, avec quelques spécificités :

  • MaPrimeRénov’ : accessible aux bailleurs, dans la limite de 3 logements par an. Les plafonds de revenus sont ceux du propriétaire, pas du locataire. Le bailleur s’engage à louer le logement comme résidence principale pendant au moins 6 ans.
  • Déficit foncier : les travaux de rénovation énergétique sont déductibles des revenus fonciers, sans plafond. Si les charges excèdent les loyers, le déficit est imputable sur le revenu global dans la limite de 21 400 € par an (plafond majoré pour les travaux énergétiques, contre 10 700 € habituellement).
  • Dispositif Loc’Avantages : le bailleur qui loue à un loyer inférieur au marché bénéficie d’une réduction d’impôt de 15 à 65 % des revenus locatifs, selon le niveau de loyer et la zone géographique.

Rentabilité de la rénovation pour un bailleur

Pour un logement classé G consommant 450 kWh/m²/an, la rénovation énergétique vers un classement D (200 kWh/m²/an) coûte en moyenne 15 000 à 25 000 € pour un T3 de 60 m². Après déduction des aides (8 000 à 15 000 €), le reste à charge se situe entre 5 000 et 12 000 €.

En contrepartie, le bailleur gagne la possibilité de louer son bien (qui serait interdit à la location à partir de 2028 en DPE F), peut augmenter le loyer de 5 à 10 % (dans les zones non tendues) et bénéficie d’une déduction fiscale pouvant atteindre 21 400 €. Le retour sur investissement se situe entre 3 et 6 ans dans la plupart des cas.

Le déficit foncier : un levier fiscal puissant

Le déficit foncier est l’avantage fiscal le plus sous-exploité par les propriétaires bailleurs. Le principe : si les charges déductibles (travaux, intérêts d’emprunt, taxe foncière, charges de copropriété) dépassent les loyers encaissés, le déficit est imputable sur le revenu global du propriétaire.

Pour les travaux de rénovation énergétique réalisés avant le 31 décembre 2025, le plafond de déficit imputable est doublé à 21 400 € par an (au lieu de 10 700 €). Pour un propriétaire imposé à la tranche marginale de 30 %, un déficit de 21 400 € génère une économie d’impôt de 6 420 €. Ajoutée aux aides directes (MaPrimeRénov’, CEE), cette économie fiscale rend la rénovation quasiment gratuite pour le bailleur.

Depuis 2024, les propriétaires bailleurs bénéficient également d’un avantage fiscal spécifique pour les travaux de rénovation énergétique : le déficit foncier majoré à 21 400 € par an (au lieu de 10 700 €). Ce plafond majoré est conditionné à la réalisation de travaux permettant de passer d’une classe DPE E, F ou G à une classe A, B, C ou D. Le dispositif est valable jusqu’au 31 décembre 2025, mais pourrait être prolongé.

Mis à jour le 18/03/2026. Sources : ADEME, France Rénov', Service-public.fr.

AC
Anthony Cardia

Fondateur de Devisanoo. Passionné par la mise en relation de qualité entre particuliers et artisans qualifiés.

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